BENOIT SABOURDY

autoportrait_sabourdy.jpgNé en 1968, autodidacte ayant suivi des cours de photographe-praticien en 2003 à Paris, Benoit Sabourdy a toujours un peu "bricolé" avec la photographie argentique, que ce soit à l'époque d'avant l'arrivée du numérique, avec l'utilisation d'effets (filtre, bougés, flous...) ou dés ses débuts en chambre noire où il découvre que les accidents de laboratoire peuvent avoir un intérêt. 

Peu à peu, son œil s'exerce et il étudie l'histoire de la photographie et ses différents courants, découvre qu'il n'invente rien et que tout ou presque a été fait avant lui. Il s'écarte petit à petit de la photographie conventionnelle et du "beau tirage" sans en perdre le goût et le respect qu'il a pour elle. Se rallie aisément aux courants des avant-gardes des années 20 et des expérimentations des années 60 et 80.

Découvrant que l'utilisation d'un mode opératoire spécifique lui est nécessaire pour établir une expression photographique singulière, Benoit Sabourdy adopte résolument la technique de la sur-impression qu'il aime aussi nommer multi-exposition (en raison de son caractère de répétition de l'insolation du négatif) et élabore un travail qui cherche à questionner la nature du photosensible et de son rapport à la mémoire, et aussi de l'acte photographique.

 Basée principalement en milieu urbain et à partir de la technique de la multi-exposition ou surimpression, ma démarche photographique découle d'une expérience avec le photosensible.

En effet, que reste-t-il de la représentation du sujet photographié après la démultiplication par la lumière, les suites de déclenchements de l’obturateur, les associations de temps et de lieux, ou bien le mouvement de mon corps ? Des fragmentations singulières. 

Ce processus de répétition avec l'appareil m’amène à constituer un imaginaire singulier de la pratique de la photographie. Ce sont aussi des réminiscences de l’histoire de la photographie que la camera obscura me permet d'enregistrer. Des lignes et des volumes apparaissent, un “nouveau réel” se crée : en résulte un graphisme de l'image volontairement mystérieux... 

Cette démarche m'amène à produire des images susceptibles d'appartenir à un “temps autre” et découle d'une volonté de non-représentation du réel ou bien peut-être le représenter autrement... 

A partir de géométries séquentielles et d'associations improbables de plans et de cadrages l'ensemble relève du rêve, de l'instant résiduel et de l'imaginaire, et aussi de la mémoire du photosensible. C'est un mode d’expression impliquant à la fois une référence à la dimension temporelle dans l'élaboration de l'image, une empreinte du mouvement de mon corps et une évolution du processus de lecture de cette même image par celui qui la regarde.

BENOIT SABOURDY