pavy_web.jpgClaude Pavy:

La mélodie humaine

Que penser d'un photographe qui, en 2012, se balade un Minolta SRT 101 autour du cou et s'obstine à dénicher les dernières bobines de sa pellicule préférée? Qu'il est nostalgique des années 60, lorsque son appareil était en vogue? Que c'est un farouche militant anti-numérique? 


Rien de cela, Claude Pavy est tout simplement bien dans son univers et l'assume, et utilise le matériel qui s'accorde à son regard. Un regard marqué par la tradition de la photo dite humaniste, celle des Doisneau, des Ronis, des Boubat. Des regards qui ont effectivement marqué une époque mais, si l'on en juge par les files d'attentes à leurs expositions, est plus que jamais d'actualité. Les yeux que Claude porte sur le Monde placent en son centre l'être humain et, s'il n'y a pas de personnage sur une photo, on sent qu'il vient de sortir du cadre. Des rencontres d'un instant, ou des conversations (de bistrot, souvent !) dans une relation sincère et harmonieuse, qu'elle date d'hier ou d'il y a vingt ans. Ses portraits sont aussi des portraits de villes. Paris évidemment que Claude arpente sans relâche, avec une prédilection pour le Paris dans Paris, Belleville, la Butte aux Cailles, Ménilmuche ou la Mouff' autour de son QG Le Verre à pied. Mais il promène aussi son appareil dans d'autres univers au hasard des voyages, le Japon lui offrant quelques belles images. Musicien, Claude Pavy joue avec virtuosité de la gamme du noir au blanc, des tonalités qui conviennent à merveille à ses sujets. Mais j'avoue un petit faible aussi pour ses photographies en couleur, dont il nous dévoile timidement deux tirages tout en subtilité. Rendez-vous pris pour une prochaine exposition.

Philippe Durand Gerzaguet

Journaliste, Réponses Photo

 

  

BIOGRAPHIE

Musicien de profession, Claude Pavy est photographe autodidacte. Il travaille principalement en noir et blanc, bien qu'il expérimente occasionnellement avec la couleur, dont trois clichés sont présentés dans l'exposition. Il a connu une période d'activité photographique foisonnante entre 1969 et 1973, période pendant laquelle il pratiquait le tirage argentique dans sa cuisine. Puis, son travail de musicien de studio, guitariste et orchestrateur pour la chanson, la musique de films, et la publicité, l'a éloigné petit à petit de la création photographique. Ses images sont souvent nostalgiques, à raison du passage du temps et des évolutions plus ou moins heureuses, des images toujours vues d'un œil bienveillant mais juste, des moments singuliers de la vie ordinaire.


En tant que musicien, Claude Pavy a travaillé avec des chanteurs, musiciens, et compositeurs de renom, dont Yves Montand, Barbara, Georges Moustaki, Maxime Leforestier, Pierre Perret, Michel Legrand, Ennio Morricone. Parallèlement, il a participé à de nombreuses expériences et concerts de musique contemporaine avec L'Itinéraire (membre fondateur), Ensemble Intercontemporain (Ircam), les Orchestres Philharmonique et National de Radio France, l'Orchestre de Paris, les Opéras de Paris, Lyon, Bruxelles, différents festivals dont Avignon, Darmstadt, Almeida (Londres). En 1985, il crée à l'Ecole Nationale de Musique et de Danse d’Evry la première classe en France de Guitare Electrique préparant aux Diplôme National (DEM). Depuis 1986, il s’oriente vers une activité de soliste. Ont spécialement écrit pour lui des compositeurs comme Alain Bancquart, Tim Brady, Hugues Dufourt, Betsy Jolas, Tristan Murail, Ichiro Nodaïra, Yoshiisa Taira, Roger Tessier.


Claude Pavy a repris la photographie en 2005, grâce à la découverte des scanners de négatifs. Il fait toujours la prise de vue en argentique, développe ses pellicules à l'ancienne, scanne ses négatifs, puis termine sa chaîne de fabrication d'images en sortant des tirages numériques, technique qu'il maîtrise mieux que l'agrandisseur.